Washington et Pékin transforment l’ONU en champ de bataille
- PanAFreeKa News

- 15 janv.
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Derrière le flou bureaucratique autour de la succession de Bintou Keïta à la tête de la Monusco se cache une réalité brutale : l’ONU n’est plus un arbitre, c’est un ring. Officiellement, la mission est prolongée, la stabilité reste l’objectif, et New York gère calmement la transition. En réalité, tout est bloqué parce que les grandes puissances se disputent le contrôle politique de la RDC.
Washington a avancé ses pions, deux profils bien estampillés « made in USA », tous deux familiers du terrain congolais et parfaitement alignés sur les intérêts américains. Le message est clair : placer un Américain à la tête de la Monusco, c’est transformer une mission onusienne en levier stratégique direct dans les Grands Lacs.
Pékin, lui, a dit non. Pas par amour du Congo, ni par attachement romantique au multilatéralisme, mais par calcul froid. La Chine sait ce que vaut la RDC : minerais critiques, profondeur stratégique, influence régionale. Voir Washington reprendre la main via la Monusco serait une défaite symbolique et économique.
Résultat : veto politique déguisé, blocage discret mais ferme, et rappel brutal d’une règle non écrite de l’ONU : sans l’accord des grandes puissances, rien ne passe. La rivalité sino-américaine déborde désormais sur les opérations de paix, révélant une organisation internationale paralysée par ceux-là mêmes qui prétendent la faire fonctionner.
Pendant que Washington et Pékin marchandent, la RDC reste coincée entre insécurité persistante, rébellions actives et diplomatie de façade. L’intérim assuré par Vivian Van de Perre n’est qu’un pansement institutionnel sur une plaie géopolitique ouverte.
La Monusco, déjà contestée sur le terrain, devient l’otage d’un bras de fer global qui la dépasse. Ce feuilleton montre une chose sans détour : en Afrique centrale, les postes onusiens ne servent plus à protéger les populations, mais à verrouiller des zones d’influence. Et pendant que les capitales négocient, le terrain, lui, continue de brûler.











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