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RDCONGO : Comprendre l’affaire Roger Lumbala

  • Photo du rédacteur: PanAFreeKa News
    PanAFreeKa News
  • 20 déc. 2025
  • 2 min de lecture

Roger Lumbala


Le 15 décembre 2025, un tribunal français a reconnu le chef rebelle congolais Roger Lumbala coupable de complicité de crimes contre l'humanité et l'a condamné à 30 ans de prison.


Plus de 60 victimes et témoins se sont présentés pour témoigner contre lui, tandis que Lumbala lui-même a boycotté le procès après les deux premières audiences. Il a également renvoyé son équipe juridique, se retrouvant ainsi sans défense.


Les témoins ont décrit en détail les violences extrêmes et les crimes commis à Bafwasende, Epulu, Mambasa, Mandima et Isiro, en RDC.



La violence de l'opération « Effacer le tableau » menée par Lumbala


Le parti de Lumbala, le Rassemblement congolais pour la démocratie–National (RCD-N), ancêtre du M23, était un groupe armé qui collaborait avec le Mouvement de libération du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba.


Alors que Lumbala tentait d'imputer unilatéralement la responsabilité des violences à Bemba, il s'est avéré que Lumbala était à l'origine de l'opération « Effacer le tableau », qui lui a permis de conquérir Epulu, Mambasa et Mandima, au moyen d'exécutions, de viols, de tortures et de pillages systématiques. Il existe de nombreux rapports faisant état de faits de cannibalisme.


Les soldats de MLC sont devenus connus sous le nom d'effaceurs pour leurs crimes.


Jean-Pierre Bembo Gombo


Accusations de génocide et de nettoyage ethnique


Le peuple pygmée Bambuti a été particulièrement visé, avec jusqu'à 40 % de sa population tuée. Les rebelles considéraient les Bambuti comme des sous-humains. Des exécutions sommaires ont également visé des membres du peuple Nande.


Minority Rights Group International estime que les crimes commis pourraient « justifier des poursuites pour génocide ».



Les femmes victimes de crimes sexuels


Selon l'avocate Clémence Bectarte, 80 % des femmes qui se sont présentées pour témoigner avaient été violées, dont 70 % devant des membres de leur famille. 40 % des victimes étaient des jeunes filles. Selon les termes de Clémence Bectarte : « Roger Lumbala n’a pas violé mes clientes mais c’était un chef qui a rendu ces crimes possibles. Un complice sans lequel ces crimes n’auraient pas été possibles. »


Soutien de l'Ouganda et du Rwanda


Après avoir brièvement échappé à la justice, Roger Lumbala a occupé le poste de ministre sous Joseph Kabila dans le gouvernement de transition de la République démocratique du Congo de 2003 à 2005, puis celui de député. Il a ensuite fait l'objet d'un mandat d'arrêt délivré par le gouvernement congolais en raison de son soutien au mouvement terroriste rwandais M23, sous les ordres de Kigali, ce qui l'a conduit à fuir en France.


Pendant la deuxième guerre du Congo, Lumbala était soutenu par l'Ouganda, tandis que son Rassemblement congolais pour la démocratie-National (RCD-N) était également soutenu par le Rwanda.


Joseph Kabila


 
 
 

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