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OPINION - Rokhaya Diallo La caricature et le piège de l’assimilation : Pourquoi la diaspora africaine doit recentrer ses forces sur l’Afrique

  • Photo du rédacteur: PanAFreeKa News
    PanAFreeKa News
  • 26 déc. 2025
  • 2 min de lecture

L’intellectuelle Rokhaya Diallo a été caricaturée dans le très mauvais journal Charlie Hebdo le 24 décembre 2025, provoquant des réactions d’indignation dans la communauté noire en France.


Les Africains de la diaspora devraient concentrer leur énergie sur la reconstruction et le progrès de l’Afrique ainsi que sur l’émancipation de ses terres diasporiques, comme la Martinique et la Guadeloupe, plutôt que de chercher désespérément à être perçus comme Français dans une société française structurellement raciste.


Ce désir d’assimilation relève d’un complexe profondément enraciné, héritage direct des séquelles traumatiques du colonialisme et de l’histoire de l’infériorisation systémique des Africains.


Même pour ceux qui sont nés et ont grandi en France, qui y possèdent des repères et des habitudes culturelles, l’obsession de la reconnaissance par la société blanche détourne leur intelligence et leurs ressources de ce qui devrait être prioritaire : la valorisation de leur identité africaine et la construction d’un continent fort et prospère.


Dans un monde réaliste où les rapports de pouvoir déterminent le respect et l’influence, l’enjeu n’est pas seulement symbolique. Devenir puissant, au sens concret du terme, est la condition pour qu’un Africain ou qu’un non‑blanc puisse être respecté sur la scène internationale et dans les sociétés occidentales, y compris en France. Les stratégies de visibilité ou d’acceptation dans un cadre étranger ne suffisent

pas : elles reproduisent des modèles de subordination.


Rokhaya Diallo semble focaliser une grande partie de ses combats sur l’acceptation des personnes non-blanches en France. Dans son premier livre, publié en 2011, elle écrivait qu’on ne devrait pas lui demander ses origines et revendique le droit d’être simplement appelée Française, comme si ses racines étaient un poids ou une honte. Peu importe la personne qui demande, nos origines africaines devraient être notre plus grande fierté à tous.


Combien de personnes savent, d’ailleurs, qu’elle est d’origine sénégalaise et gambienne ?


Mettre son intelligence au service d’une cause qui détourne l’attention du continent, c’est laisser le centre de gravité de sa vie hors de son héritage et de son véritable potentiel.

Il s’agit donc de réorienter le travail et la vision vers le progrès du continent africain, là où le pouvoir et le respect se construisent réellement.


Même si ces modèles de puissance ne correspondent pas à l’idéal que nous souhaiterions, ils reflètent la réalité des rapports de force mondiaux, et l’Afrique se doit de s’y positionner avec lucidité et stratégie.


Pour peser sur le monde réel et construire un futur africain fort, les Africains dans la diaspora ont leur rôle à jouer.

Il est nécessaire de créer des lobbys puissants et influents, capables d’agir sur la politique étrangère des pays où ils vivent. Il leur faut développer des réseaux économiques et sociaux qui fonctionnent comme un système cohérent, investir dans des circuits fermés afrocentrés et consommer afro, afin de renforcer notre autonomie et notre influence.


Se financer entre nous, soutenir nos entreprises et nos initiatives, et adopter le bon état d’esprit pour peser dans le système sont des étapes incontournables.


Ce n’est qu’en agissant collectivement, avec discipline et vision, que les Africains de la diaspora pourront transformer leur énergie en puissance réelle et durable.



 
 
 

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