Mogadiscio rompt tous ses accords avec les Émirats arabes unis
- PanAFreeKa News

- 14 janv.
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Lundi 12 janvier 2026, le gouvernement somalien a annoncé l’annulation de tous ses accords avec les Émirats arabes unis. Cette décision historique porte sur des contrats économiques, sécuritaires et stratégiques signés au fil des années entre les deux capitales et qui couvrent des secteurs clés comme les ports importants de Berbera, Bosaso et Kismayo ainsi que la coopération en matière de défense.
Atteinte à la souveraineté
Selon Mogadiscio, cette décision n’est pas le résultat d’un simple différend diplomatique mais d’une atteinte directe à la souveraineté nationale. La Somalie reproche à Abou Dhabi d’avoir contourné l’État central en nouant des relations directes avec des régions semi-autonomes ou séparatistes. Les Émirats arabes unis se sont distingués des autres pays arabes en ne condamnant pas la reconnaissance du Somaliland par Israël le 26 décembre 2025.
Le gouvernement évoque également des accusations selon lesquelles le territoire somalien aurait été utilisé sans autorisation officielle lors de l’exfiltration, par les Émirats arabes unis, du chef séparatiste yéménite Aidarous al-Zubaidi. Dirigeant du Conseil de transition du Sud (STC), celui-ci avait été accusé de haute trahison et révoqué de ses fonctions au sein de la présidence yéménite anti-houthis reconnue par la “communauté internationale”.
Les relations entre la Somalie et les Émirats arabes unis s’étaient intensifiées au cours de la dernière décennie. Abu Dhabi s’était implanté économiquement en finançant et développant des infrastructures portuaires, notamment via la société DP World à Berbera.
Sur le plan sécuritaire, les Émirats arabes unis avaient également entraîné et soutenu des forces locales, contribuant à des opérations contre les réseaux terroristes. Malgré les fragilités institutionnelles de Mogadiscio, les liens paraissaient solides jusqu’à cette rupture récente.
Réactions et incertitudes
Du côté des ports et des projets d’infrastructures, certaines opérations, comme celles de DP World, continuent pour l’instant au Somaliland, une région qui rejette l’autorité de Mogadiscio.
Plusieurs États fédérés semi-autonomes somaliens, tels que le Puntland et le Jubaland, ont eux aussi rejeté la décision du gouvernement central, rappelant la complexité institutionnelle du pays.
Cette crise pourrait redessiner les alliances internationales de la Somalie et affecter la dynamique régionale autour de la mer Rouge, du golfe d’Aden et du très stratégique détroit de Bab-el-Mandeb.











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