Les États-Unis convoitent le Liberty Corridor sur le tronçon Guinée–Libéria pour ses minerais
- PanAFreeKa News

- 4 janv.
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Le Liberty Corridor est un projet ferroviaire reliant le district de Nimba, en Guinée, à la ville portuaire libérienne de Didia. Ce corridor est porté par la société américaine Ivanhoe Atlantic, propriétaire de la mine de fer de Nimba en Guinée.
Ivanhoe développe également le Kon Kweni Iron Ore Project (KKIOP), présenté comme l’un des plus vastes gisements de fer au monde. L’objectif affiché est d’assurer l’acheminement de 700 millions de tonnes de fer, un volume qui pourrait représenter près de 80 milliards de dollars américains sur les marchés internationaux, constituant un profit stratégique majeur pour les États-Unis.
En juillet 2025, le Liberia et les États-Unis ont signé un accord de concession et d’accès entre Ivanhoe Atlantic et le gouvernement du Liberia.
Concurrence entre intérêts impérialistes
La multinationale minière ArcelorMittal (AML), basée au Luxembourg, s'oppose fermement au Liberty Corridor afin de protéger son monopole sur le réseau ferroviaire local.
De plus, la multinationale britannique Rio Tinto détient les droits sur la mine de fer de Simandou en Guinée, qui contient environ 1,5 milliard de tonnes de minerai.
Les entreprises américaines et le Congrès américain sont d’ailleurs très préoccupés par l'influence chinoise à Simandou.
Limiter l'accès des Chinois
Les États-Unis sont particulièrement préoccupés par l'accès de la Chine aux gisements minéraux de la Guinée et estiment que la création du Liberty Corridor permettrait aux États-Unis de s'assurer l'accès aux ressources en fer sans risquer de voir la Chine en tirer profit ou y accéder. Selon Bronwyn Barnes, PDG et présidente d'Ivanhoe Atlantic, ce projet de 1,8 milliard de dollars permettrait de " contrer l'emprise croissante de la Chine sur les minéraux essentiels... Chaque tonne que nous produisons est réservée exclusivement aux chaînes d'approvisionnement américaines et alliées. Aucune ne sera destinée à la Chine. »
La société cherche à éviter d'utiliser la ligne ferroviaire chinoise de 600 km qui relie Simandou aux usines chinoises via le port guinéen.

Une infrastructure pensée ailleurs
Présenté comme un projet structurant pour l’Afrique de l’Ouest, le Liberty Corridor est en réalité conçu avant tout pour répondre aux besoins stratégiques d’intérêts étrangers, sans que les populations locales ne soient associées à la définition de ses objectifs ni à la répartition de ses bénéfices. L’infrastructure traverse des territoires africains, mais sa finalité économique est dictée depuis Washington et les marchés internationaux.
Une logique néocoloniale
Ni la Guinée, ni le Liberia ne disposent de mécanismes solides garantissant une transformation locale, une montée en gamme industrielle ou un transfert technologique significatif. L’essentiel de la valeur ajoutée est captée par les investisseurs étrangers, tandis que les États propriétaires héritent surtout de coûts environnementaux, sociaux et sécuritaires.
À l’heure où l’Afrique affirme vouloir transformer localement ses ressources et financer son propre développement, le Liberty Corridor incarne un modèle dépassé, qui perpétue une logique coloniale où le continent reste un simple fournisseur de matières premières brutes.










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