Le gouvernement ghanéen rembourse la dette du secteur énergétique et rassure les investisseurs
- PanAFreeKa News

- 15 janv.
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Le ministre des Finances ghanéen Cassiel Ato Forson a annoncé avoir déboursé 1,47 milliard de dollars en 2025 pour apurer des dettes historiques du secteur de l’énergie. Un effort destiné à stabiliser un secteur miné par des impayés chroniques et des coupures d’électricité répétées, qui ont pesé lourdement sur l’économie durant les mandats de Nana Akufo-Addo.
Crédibilité internationale restaurée
Près de 600 millions de dollars ont été remboursés à la Banque mondiale, permettant de reconstituer intégralement la garantie partielle de risque mise en place en 2015. Son épuisement avait sérieusement entamé la crédibilité du Ghana auprès de ses partenaires financiers et investisseurs internationaux.
L’État a également réglé 480 millions de dollars à la société italienne ENI et à Vitol (Suisse) pour des arriérés liés au projet gazier Sankofa, ainsi qu’environ 393 millions de dollars à des producteurs indépendants d’électricité, dont Karpowership (Turquie) et Cenpower (Ghana). Les producteurs saluent un tournant majeur pour la stabilité financière du secteur.
Le ministère des Finances affirme que l’ère de l’accumulation incontrôlée des dettes énergétiques est révolue. Les contrats avec les producteurs indépendants ont été renégociés et un plan de paiement est en discussion avec Tullow Oil et ses partenaires, alors que le Ghana cherche à renforcer sa production de gaz local et à réduire sa dépendance aux carburants coûteux.

Le paradoxe ghanéen
Le Ghana paie chaque année des centaines de millions de dollars à des producteurs privés d’électricité (les IPP) pour réserver une certaine capacité électrique, même lorsque l’électricité n’est pas consommée. C’est la clause dite “take-or-pay”, inscrite dans la plupart des contrats. Cette situation peut sembler absurde dans un pays régulièrement frappé par des coupures.
Lorsque le carburant devient trop cher, l’État préfère ne pas activer les centrales afin d’éviter des coûts supplémentaires. Il continue pourtant à payer les IPP, car rompre ces contrats exposerait le pays à de lourdes sanctions financières internationales.
En réalité, le problème n’est pas l’absence de centrales, mais une surcapacité mal planifiée, héritée de contrats signés dans l’urgence lors des crises énergétiques passées, notamment le “Dumsor”.
Le pays dispose de puissance sur le papier, mais pas d’un système capable de l’utiliser efficacement.
Produire de l’électricité ne suffit pas : encore faut-il pouvoir la transporter et la distribuer.
Le réseau ghanéen est saturé, vétuste et inefficace, avec des pertes techniques et commerciales élevées. À cela s’ajoute l’insolvabilité chronique de la compagnie nationale de distribution ECG, qui ne recouvre pas correctement les factures.
Résultat : produire plus d’électricité aggraverait les dettes, sans garantir une meilleure fourniture aux ménages.
Une meilleure gouvernance ?
Le ministère des Finances affirme que l’ère de l’accumulation incontrôlée des dettes énergétiques est révolue. Les contrats avec les producteurs indépendants ont été renégociés et un plan de paiement est en discussion avec Tullow Oil et ses partenaires, alors que le Ghana cherche à renforcer sa production de gaz local et à réduire sa dépendance aux carburants coûteux.











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