Découverte de terres rares au Botswana : un danger pour le pays?
- PanAFreeKa News

- 5 mars
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Dans le nord-ouest du Botswana, la société minière canadienne Tsodilo Resources a détecté une minéralisation contenant 15 éléments de terres rares dans le cadre de son projet Gcwihaba Metals. Des forages ont confirmé la présence de ce gisement polymétallique dans des roches situées entre 20 m et 50 m sous la surface.
Les terres rares sont au cœur de la révolution technologique contemporaine. Elles entrent dans la fabrication des aimants ultra-puissants qui équipent les moteurs de véhicules électriques, les éoliennes, les systèmes de guidage de missiles, les satellites et une grande partie de l’électronique avancée.
Aujourd’hui, la production mondiale reste dominée par la Chine, notamment grâce au gigantesque gisement de Bayan Obo. Cette concentration de l’offre fait des terres rares un enjeu stratégique majeur pour les puissances industrielles qui cherchent à sécuriser leur accès à ces ressources critiques.
Les 15 éléments de terres rares, accompagnés de cuivre, cobalt, nickel, vanadium et argent, découverts au Botswana sont le cérium (Ce), le dysprosium (Dy), l’erbium (Er), l’europium (Eu), le gadolinium (Gd), le holmium (Ho), le lanthanum (La), le néodyme (Nd), le praséodyme (Pr), le prométhium (Pm), le samarium (Sm), le scandium (Sc), le terbium (Tb), le thulium (Tm) et l’yttrium (Y). Ils sont sur la liste de la United States Geological Survey, qui recense officiellement les minerais critiques pour les USA.
Pour la première fois, l’Afrique australe tient entre ses mains une carte maitresse dans la transition énergétique mondiale. Le Botswana, dejà reconnu pour sa solide gouvernance minière dans le diamant, pourrait s’imposer comme un acteur incontournable des chaines d’approvisionnement que l’Occident cherche désespérément à diversifier face à la Chine.

Une découverte qui suscite espoir et prudence
L’histoire de l’Afrique est jalonnée d’épisodes où des ressources abondantes ont attiré des acteurs extérieurs, dont l’objectif principal était l’extraction rapide et l’exportation brute. Des contrats léonins, une faible transformation locale et une captation de la valeur à l’étranger ont souvent laissé aux pays producteurs africains une part limitée des bénéfices générés par leurs propres ressources.
Braquage américain
Washington, en quête frénétique de minerais critiques dans sa guerre commerciale et géostratégique avec la Chine, a déjà signé un accord totalement déséquilibré en sa faveur sur les minerais de la République démocratique du Congo et vient de tenter d’arracher des accords miniers en Zambie via un “ deal médical ” d’un milliard de dollars que Lusaka a fort heureusement refusé.
Dans un contexte de rivalités entre puissances industrielles, le Botswana devra arbitrer entre différentes offres d’investissement, chacune accompagnée d’intérêts stratégiques. La question centrale sera de savoir si ces minerais seront exportés sous forme brute ou s’ils pourront devenir la base d’une industrialisation et d’une montée en gamme de l’économie nationale.

La force brute
Alors que le président américain Donald Trump montre un malin plaisir à bombarder des pays tiers, les Etats-Unis ne font plus seulement la guerre avec des missiles. Ils mènent aussi leurs offensives avec des contrats, des sanctions, des tarifs douaniers et des sociétés écrans. Le Vénézuela, l’Iran, la RDC, le Nigeria, le Panama, l’Equateur, le Mexique et aussi l’Europe,
en savent quelque chose.
Si les réserves de terres rares se confirment, le Botswana pourrait rapidement devenir la cible d’une intervention militaire américaine anti-terroriste ou anti-drogue, deux prétextes généralement avancés par Washington pour s’approprier de force les ressources critiques d’Etats moins puissants.
La vraie question n’est pas de savoir qui exploitera ces terres rares, mais à quelles conditions elles le seront. Le Botswana doit imposer la transfromation locale, rejeter tout contrat déséquilibré et choisir librement ses partenaires pour le meilleur intéret de ses populations.

Affirmation de souveraineté
Le président Duma Boko, qui a déja défié le FMI concernant la gestion des diamants, n’a pas hésité à rejeter une invitation de Donald Trump à venir à Washington. Sa position est simple : si les puissances étrangères veulent parler des ressources du Botswana, elles doivent venir au Botswana. Un geste fort qui renverse une vieille habitude diplomatique où les dirigeants africains se rendaient dans les capitales occidentales pour négocier au rabais leurs propres ressources.











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