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La dette comme levier d’ingérence : Dakar résiste aux injonctions du FMI

  • Photo du rédacteur: PanAFreeKa News
    PanAFreeKa News
  • 10 janv.
  • 2 min de lecture


Derrière le discours technique sur la « soutenabilité de la dette », le Fonds monétaire international cherche à imposer des choix économiques et politiques relevant de la souveraineté interne du Sénégal.

La restructuration de la dette intérieure exigée par le FMI constituerait une ingérence directe dans la gestion budgétaire nationale, avec des conséquences lourdes sur l’économie locale, les banques nationales et l’épargne domestique.


Le gouvernement sénégalais maintient une ligne ferme : aucune restructuration de la dette intérieure ne sera acceptée.

Cette exigence du FMI est perçue à Dakar comme une tentative de mise sous tutelle financière, visant à forcer l’État à se conformer à un modèle économique dicté de l’extérieur, au détriment des priorités sociales et nationales.


Le 8 janvier 2026, lors d’une conférence de presse conjointe avec la Mauritanie, le Premier ministre Ousmane Sonko a affirmé que la dette sénégalaise est « viable » et que le pays honore ses engagements depuis plus d’un an et demi, sans programme FMI.

Il a également rappelé la responsabilité du FMI dans la situation actuelle, notamment pour avoir validé ou fermé les yeux sur des dettes dissimulées sous l’ancien régime, aujourd’hui utilisées comme argument pour justifier une restructuration punitive.


Selon le FMI, la dette atteindrait 130–132 % du PIB, avec un mur de remboursements estimé à 6 000 milliards FCFA (10 Milliards $) en 2026.



Mais derrière ces chiffres se cache une logique bien connue en Afrique : conditionnalités politiques, réformes structurelles imposées, affaiblissement de la capacité décisionnelle des États, priorité donnée aux créanciers et aux marchés financiers plutôt qu’aux populations.


La dette devient ainsi un outil de discipline et de contrôle, non un simple indicateur économique.


Le ministre des Finances Cheikh Diba a réaffirmé fin décembre 2025 qu’un accord avec le FMI demeure envisageable, mais pas au prix d’une remise en cause de la souveraineté budgétaire nationale.

Pour le gouvernement Sonko, céder sur la dette intérieure reviendrait à accepter une mise sous tutelle financière déguisée et une humiliation politique.


Le bras de fer se poursuit : le Sénégal refuse de plier, affirmant qu’un État africain peut négocier sans se soumettre. Ce refus marque une rupture symbolique avec des décennies de soumission financière en Afrique.




 
 
 

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