Guinée équatoriale: La capitale officiellement déplacée de Malabo à Ciudad de La Paz. Quel bilan pour les transferts de capitales en Afrique ?
- PanAFreeKa News

- 7 janv.
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La Guinée équatoriale a annoncé, le 2 janvier 2026, la désignation de Ciudad de La Paz comme nouvelle capitale du pays. La ville, anciennement appelée Oyala, est située dans le centre du pays, dans la province du Djibloho. La décision s’inscrit dans une réforme visant à moderniser l’organisation territoriale et à renforcer l’appareil d’État.
Les autorités justifient ce choix par des considérations de sécurité, de meilleure régulation des flux migratoires grâce à son potentiel d’expansion, ainsi que par la position centrale de Ciudad de La Paz, accessible en moins de 3 heures depuis toutes les régions du pays. Le projet prévoit le développement d’infrastructures administratives et publiques, avec l’objectif affiché d’améliorer l’efficacité de l’État et de stimuler l’emploi par une diversification des zones de développement.
Souveraineté et unité nationale
Le transfert de la capitale revêt également une portée politique et symbolique, marquant une volonté de consolidation de la souveraineté nationale et de rupture avec les héritages coloniaux, plus d’un demi-siècle après l’indépendance. Le gouvernement a fixé un délai d’un an pour organiser un transfert institutionnel progressif vers Ciudad de La Paz, située en pleine forêt équatoriale.
Le transfert de capitale a-t-il porté ses fruits en Afrique ?
D’autres pays africains ont tenté des projets similaires : parfois pour répartir le développement territorial, parfois pour des raisons symboliques. Dans chaque cas, le succès dépend autant de la planification que de la capacité à mobiliser ressources et population.
De Lagos à Abuja (Nigeria, 1991)
Abuja est le fruit d’une planification étatique rigoureuse. Décidée dans les années 1970 et effective en 1991, elle visait à désengorger Lagos et à créer une capitale politiquement neutre dans un pays profondément fragmenté. Le Nigeria a transféré l’exécutif, le législatif, une grande partie de l’administration fédérale et le corps diplomatique. Lagos est restée capitale économique, mais Abuja est devenue le centre incontesté du pouvoir politique. Résultat : une dualité assumée et un transfert institutionnel réussi.
De Dar es Salaam à Dodoma (Tanzanie, 1973)
Pensé pour rééquilibrer l’administration territoriale et rapprocher le pouvoir des zones rurales, le transfert décidé en 1973, mais dont la mise en oeuvre ne s’est accélérée qu’à partir de 2016, s’est fait de façon progressive. Plusieurs institutions clés siègent désormais à Dodoma. Le rythme lent reflète les contraintes budgétaires et logistiques. Résultat : une avancée réelle, mais étalée dans le temps.
De Zomba à Lilongwe (Malawi, 1975)
Le transfert visait à centraliser l’administration et à réduire l’influence de l’ancienne capitale coloniale. Longtemps théorique, le projet a été mis en œuvre progressivement à partir de la fin des années 1970. Lilongwe est aujourd’hui solidement établie comme capitale politique, tandis que Blantyre est le centre économique et commercial. Résultat : une transition réussie avec dualité économique.
De Abidjan à Yamoussoukro (Côte d’Ivoire, 1983)
Le choix de Yamoussoukro en 1983 est une décision personnelle de Félix Houphouët-Boigny qui l’a choisi parce qu’il s’agit de son village. Aucune stratégie de transfert du pouvoir n’a été conçue dès l’origine. Les institutions, les administrations centrales et les leviers économiques sont restés à Abidjan.
Les présidents qui lui ont succédé ont entretenu l’idée d’un transfert à venir, sans jamais engager les moyens politiques, financiers et administratifs nécessaires. Le projet est donc resté un outil symbolique et propagandiste, notamment à destination de l’électorat baoulé. Résultat : une capitale sur papier, sans pouvoir réel.










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