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BOTSWANA : Le FMI s’oppose à ce que le gouvernement devienne actionnaire majoritaire de ses mines de diamants

  • Photo du rédacteur: PanAFreeKa News
    PanAFreeKa News
  • 20 déc. 2025
  • 2 min de lecture

Le Botswana, grand producteur de diamants, se trouve aujourd’hui face à un choix historique. Le président Duma Boko souhaite étendre la participation du pays dans De Beers, qui est de 15% actuellement, afin de contrôler ses propres ressources et tirer profit de sa richesse nationale.


Mais il trouve face à lui un adversaire inattendu: le Fonds monétaire international qui, dans son rapport du 8 décembre 2025, a mis en garde le gouvernement botswanais de ne pas augmenter sa participation dans De Beers, invoquant les risques fiscaux et la dépendance économique aux diamants.


La mise en vente des 85 % de De Beers détenus par Anglo American, valorisés à près de 4,9 milliards de dollars, ouvre une fenêtre historique pour l’Afrique australe. Le Botswana, qui fournit environ 70 % de la production annuelle de diamants bruts de De Beers et n’en détient pourtant que 15 %, cherche à devenir actionnaire majoritaire.


La Namibie, déjà copropriétaire à 50 % de Namdeb et DebMarine Namibia, envisage une participation de 10 à 15 %, pour un coût pouvant atteindre 14,8 milliards de dollars namibiens. L’Angola, initialement intéressé par une part minoritaire, vise désormais une participation majoritaire.



Face aux investisseurs étrangers et aux groupes privés prêts à reprendre les parts cédées par Anglo American, le Botswana, la Namibie et l’Angola explorent une stratégie commune. Leur objectif est clair : détenir ensemble la majorité de De Beers afin de rester maîtres des décisions stratégiques dans l’industrie mondiale du diamant. Cette démarche s’inscrit dans l’Accord de Luanda, qui vise à défendre les diamants naturels africains face à la montée des synthétiques, et à préserver la valeur créée sur le continent.


Le rôle historique du FMI et de la Banque mondiale en Afrique a souvent été de limiter l’autonomie économique et politique des États africains. Sous couvert de prudence économique, leurs recommandations servent à préserver les profits des multinationales et à freiner l’émergence de champions africains dans les secteurs stratégiques. Le cas du Botswana et de De Beers illustre parfaitement cette logique.


Devenir actionnaires majoritaires de De Beers ne signifie pas seulement partager les profits de mines situées au Botswana, en Angola, en Afrique du Sud, au Canada ou en Sierra Leone. C’est aussi accéder à des technologies d’exploration, de transformation et de recherche, à une propriété intellectuelle stratégique et à une présence mondiale dans la joaillerie et l’industrie. Il s’agit donc d’un vrai enjeu de souveraineté économique panafricaine.



 
 
 

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