Au moins 162 personnes ont été tuées au Nigéria ce 3 février, tandis que les États-Unis ont déployé leurs militaires dans le pays
- PanAFreeKa News

- 5 févr.
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Au moins 162 villageois ont été tués le 3 février dans le village de Woro, dans l’État de Kwara, à l’ouest du Nigeria, lors d’une attaque menée par des hommes armés, selon la Croix-Rouge et les autorités locales. Les assaillants ont incendié des commerces ainsi que le palais royal, et certains corps pourraient encore être retrouvés dans la brousse.
Cet épisode s’inscrit dans un contexte d’insécurité croissante, où des bandes armées et des groupes jihadistes terrorisent la population malgré les couvre-feux et la fermeture temporaire des écoles décidés par les autorités.
Le Nigeria, confronté à la fois à des insurgés jihadistes dans le nord-est et à des criminels armés dans le nord-ouest, coopère désormais avec les États-Unis, qui fournissent des armes, du renseignement et un appui militaire pour tenter de contenir les violences.
Les États-Unis viennent de déployer une petite équipe militaire au Nigeria dans le cadre d’une coopération renforcée visant à « contrer les menaces terroristes », notamment celles attribuées à ISWAP et à Boko Haram. L’annonce a été faite par le général Dagvin R. M. Anderson du United States Africa Command.
Sous couvert de lutte antiterroriste et de protection des minorités chrétiennes, une rhétorique amplifiée par l’administration Trump pour mobiliser son électorat évangélique malgré les démentis sur un prétendu génocide religieux, Washington cherche à réaffirmer son hégémonie en Afrique face à l’expansion chinoise et russe, et l’exemple du Soudan du Sud illustre leur volonté de morceler des régions africaines stratégiques.
Pékin et Moscou ont accru leur influence par des investissements dans les infrastructures et les ressources extractives, dont le pétrole nigérian, tandis que les États-Unis, après des revers comme l’expulsion de leurs bases au Sahel, utilisent cette coopération pour consolider leurs alliances et contrer des sphères d’influence rivales.
Présentée comme une aide bilatérale, cette implication étrangère risque de perpétuer une dépendance sécuritaire nigériane vis-à-vis de puissances extérieures, en masquant les failles structurelles du pays en matière de souveraineté et de développement endogène, et en exacerbant potentiellement les tensions ethnoreligieuses dans une région déjà fragilisée par des conflits par procuration.











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