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1er janvier 1804 et 1er janvier 1959 : Le triomphe des révolutions haïtienne et cubaine

  • Photo du rédacteur: PanAFreeKa News
    PanAFreeKa News
  • 2 janv.
  • 3 min de lecture

La révolution haïtienne, qui dura du 21 août 1791 jusqu’à son triomphe le 1er janvier 1804, est entrée dans l’histoire comme la révolte de personnes réduites en esclavage la plus victorieuse de tous les temps. Les Africains, déportés vers l’île alors appelée Saint-Domingue pour y être exploités comme esclaves au service de la France, ne se contentèrent pas d’arracher leur indépendance : ils fondèrent également la première république au monde à abolir et interdire l’esclavage.


Cent cinquante-cinq ans plus tard, la révolution cubaine, voisine d’Haïti, triomphait à son tour lorsque, le 1er janvier 1959, le Mouvement du 26 Juillet renversait le dictateur Fulgencio Batista, soutenu par les États-Unis, avant de prendre le pouvoir. Les Cubains avaient mené une lutte armée du 26 juillet 1953 au 1er janvier 1959.



1er janvier 1804 : la révolution en Haïti

Beaucoup considèrent la révolution haïtienne comme la lutte anticolonialiste la plus importante de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle. Non seulement cette révolution a libéré tous les esclaves d'Haïti, mais Haïti est également devenue un refuge pour les Africains réduits à l’esclavage de toutes les Amériques. Tout Africain qui arrivait sur le sol haïtien était déclaré libre dès son arrivée.


Plus tard, Haïti a fourni aux forces de Simón Bolívar des armes, des munitions et des soldats révolutionnaires haïtiens pour aider à libérer le Venezuela, la Colombie, le Panama, l'Équateur, le Pérou et la Bolivie de l'emprise espagnole. La seule condition posée par Haïti était que Simón Bolívar s'engage à libérer les esclaves africains une fois l'indépendance acquise.


Dans l'Acte de l'Indépendance du 1er janvier 1804, le grand libérateur haïtien Jean-Jacques Dessalines déclarait :

« Paix à nos voisins ! Mais anathème au nom français ! Haine éternelle à la France ! voilà notre cri...Jurons à l'univers entier, à la postérité, à nous-mêmes, de renoncer à jamais à la France, et de mourir plutôt que de vivre sous sa domination. »


À la suite de la révolution haïtienne, la France a exigé qu'Haïti lui verse des réparations pour la perte des esclaves, qu’elle considérait comme ses “biens”. Le 17 avril 1825, sous la menace d’un blocus maritime et de bombardements par la flotte française, Haïti a accepté de payer une indemnité de 150 millions de francs-or, une dette qu’elle a fini de rembourser en 1947, après de multiples refinancements.


Lorsque l'ancien président haïtien Jean-Bertrand Aristide a exigé que la France rembourse cette rançon à Haïti, il a été renversé lors de deux coups d'État consécutifs, soutenus par l'Occident et orchestrés par la France, les États-Unis et le Canada, en 1991 et 2004.



1er janvier 1959: la révolution a Cuba

La révolution cubaine, victorieuse le 1er janvier 1959, est l'une des révolutions socialistes les plus durables du Sud. Malgré plus de 60 ans de blocus économique imposé par les États-Unis, Cuba continue d'être un pays autonome et révolutionnaire


Sous la dictature de Fulgencio Batista, avant la révolution, Cuba était une néocolonie des États-Unis, dont l’économie était largement orientée vers la production de canne à sucre au bénéfice des entreprises américaines. Dans ce contexte, les Etats-unis ont également imposé des pratiques de ségrégation raciale, excluant les Cubains noirs de certains espaces urbains afin de les empêcher d’interagir avec les touristes occidentaux.


Le 1er janvier 1959, Fidel Castro et ses forces armées révolutionnaires ont renversé Fulgencio Batista, nationalisé les entreprises américaines et mis fin à la ségrégation raciale.

De nombreux Afro-Cubains comme Juan Almeida Bosque et Victor Drake ont participé à la lutte armée pour la libération de Cuba, aux côtés de Fidel Castro et Ernesto Che Guevara.


La révolution cubaine a noué des liens importants avec le continent africain, envoyant des soldats combattre pour l'indépendance et la libération de l'Afrique, notamment au Congo, en Angola, en Guinée-Bissau et ailleurs. 380 000 Cubains ont combattu rien qu'en Angola, lors d’une intervention baptisée « opération Carlota », du nom d'une Africaine qui a mené une révolte d'esclaves à Cuba en 1843. Les soldats cubains ont également contribué de manière significative à la fin de l'apartheid en Afrique du Sud, grâce à la défaite qu’ils ont infligée à l’armée sud-africaine lors de la bataille de Cuito Cuanavale en Angola (1987-1988).


Cuba continue aujourd'hui d'aider les pays africains par le biais de brigades médicales et de bourses universitaires pour étudier la médecine à Cuba.



 
 
 

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